LE CONTINUATION BET


I/ DEFINITION.

II/ OBJECTIFS DU CB.

III/ FACTEURS DE REUSSITE DU CB.

IV/ CONCLUSION.

 

 


I/ DEFINITION.

Le continuation bet (ou mise de continuation) est une poursuite de l’attaque au Flop lorsque vous êtes le dernier relanceur préflop.

Ayant attaqué préflop, il semble logique de faire  grossir le pot car nous montrons une certaine force.

Généralement, le terme de CB est utilisé à partir du moment où nous ratons le Flop. Evidemment, l’adversaire ne le sait pas. Dès lors que nous percutons le Flop et estimons avoir la meilleure main, on parle alors de value bet (mise de valorisation).

 

II/ OBJECTIFS.

Voilà, vous avez relancé préflop, mais avez raté le Flop. Pourquoi ne pas checker pour stopper vos pertes ? Pourtant cela ne veut pas forcément dire que votre adversaire a lui aussi touché ce flop.

Concrètement : Améliorations croisées au flop (duel)

87

AK

Améliore (35%)

N’améliore pas (65%)

Améliore (35%)

K83

12%

Q83

23%

N’améliore pas (65%)

K53

23%

Q53

42%

 

Ce tableau montre que même si vous ratez le flop contre un joueur, dans 42% des cas personne n’a touché (notez que dans la plupart des cas une personne au moins améliore...).

 

  • L’objectif principal du CB est de gagner le pot sans abattage ; le joueur gagnant étant souvent celui qui mise en premier.
  • Malheureusement le CB ne marchera pas à tous les coups ; l’objectif secondaire est de minimiser les pertes dès lors que le CB est un échec.

De manière basique, le CB tourne mal si vous êtes relancé et êtes contraint de jeter car vous n’avez pas grand-chose. Ou bien si vous êtes suivis et que vous décidez d’abandonner le coup au turn ou à la river.

  • En fonction des CB effectués vous pouvez calculer votre point mort, c’est-à-dire la proportion pour que le CB ait une espérance nulle (Expected Value EV=0) ; on dit aussi que EV nulle = être « à jeu ».

 

TAILLE DU CB

POINT MORT

POT

50%

2/3 POT

40%

½ POT

33%

1/3 POT

25%

¼ POT

20%

Par exemple si vous misez la moitié du pot, vous devrez le remporter au moins 33% du temps soit 1 fois sur 3. Supérieur à 33% du temps, vous êtes gagnant (EV+).

  • La taille de votre mise doit rester similaire à celle que vous utiliseriez pour une mise de rentabilisation. Vous serez vite repérés si vous misez tout le temps gros quand vous avez splitté une belle paire ou bien  ¼ du pot quand vous n’avez rien touché.

Cette taille de mise doit être cohérente ; Certains misent tout le temps la moitié du pot, d’autres varient systématiquement leurs mises quelque soit leur main etc.

 

III/ FACTEURS DE REUSSITE DU CB.

 

  • Le nombre d’adversaires :

Reprenons le tableau des améliorations ; En passant de 2 à 3 joueurs  on passe de 42 à 27 % de chances que personne n’améliore sa main soit 1 chance sur 4. Êtes-vous prêts à prendre le pot au risque de vous faire relancer ou coller les ¾ du temps ?

 

  • La texture du flop (facteur de réussite en ordre décroissant) :

o   Texture générale :

§  Brelan                         8 8 8

§  Tricolore pairé              K 6 6

§  Bicolore pairé               Q 7 7

§  Tricolore non pairé       A T 4

§  Unicolore non pairé      J T 2

§  Bicolore non pairé        Q 9 5

 

o   Connectivité :

§  Non connecté             K 7 2

§  Mixe                          K J 5

§  2 trous                       J 9 7

§  1 trou                        T 8 7

§  Connecté                    5 6 7

 

o   La hauteur de la plus grande carte :

Plus la valeur faciale de la carte la plus haute du Flop est élevée, plus les chances de réussite du CB sont élevées.

 

  • Le style des adversaires :

Plus le buy-in est élevé, moins les CB seront couronnés de succès car les joueurs plus aguerris connaissent cette technique.

Un joueur agressif aura tendance à relancer votre CB ou bien la coller, s’il n’a pas misé avant…

Un joueur qui suit tout le temps (calling-station - fort ou faible-) rendra votre CB inefficace.

En revanche si vous savez que votre adversaire abandonne généralement  les coups s’il ne touche pas (fit or fold), c’est le bon moment pour un CB.

 

  • Votre image :

Il ne faut pas systématiquement faire un CB car on ne touche que dans 35% des cas. Dans l’attitude contraire, vous allez éveiller les soupçons de vos adversaires et par la même vous faire relancer.

  • La position :

Avec la position, vous connaissez les actions du ou des adversaires avant de parler.

Si votre adversaire a checké, souvent signe de faiblesse, le CB est logique.

Néanmoins  si vous avez des cartes améliorantes car un tirage vous est offert au Flop, ce peut être une aubaine de checker pour voir la quatrième carte – surtout si l’adversaire est agressif…

 

 

IV/ CONCLUSION.

 

Le CB n’est pas la panacée du poker; elle doit cependant être une arme technique indispensable pour tout joueur qui se respecte. Beaucoup font CB trop fréquemment et parfois sans regarder les différentes textures du Flop. Le plus difficile étant de s’adapter à l’adversaire ; sous-joue-t-il ? Ne vous fait-il jamais crédit ? Etc.

Vous pouvez vous fixer comme règle de base de ne jamais « CBetter » au-delà de deux adversaires, ce qui en soi n’est pas une mauvaise règle.